Lauréats 2022

Les actions les plus exemplaires de la Semaine européenne de la réduction des déchets sont valorisées par les Trophées français. Découvrez ci-dessous les lauréats de l’édition 2022 de la SERD dans toutes les catégories :

Lauréats des trophées français de la SERD 2022 (durée : 1 minute 48 secondes)

Administration publique

Défilé Récup’

Projet porté par le Centre Hospitalier de Nontron

À l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets, le centre Hospitalier de Nontron a souhaité mettre à l’honneur les engagements pris par les équipes de l’hôpital en faveur de la réduction des déchets.

Le centre Hospitalier de Nontron est investi dans une vaste politique de réduction des déchets.

Outre les DASRI (les déchets d’activités de soins à risques infectieux) qui sont gérés au mieux par les équipes, le centre a également depuis 2017 mis en place une zone de compostage en andain.

Celle-ci est dédiée à la production des cuisines pour y déposer les restes alimentaires et les déchets verts. Cette plateforme de compostage est mutualisée avec la cité scolaire de Nontron, qui est située aux abords de leur cuisine centrale. Elle leur permet d’alimenter le jardin intergénérationnel que les résidents et patients entretiennent avec les écoles locales.

Par ailleurs le Centre hospitalier a depuis quelques années déjà mis en place une boutique solidaire en lien avec le service lingerie de l’hôpital. Ils récupèrent les dons, ils réparent et entretiennent le linge afin de lui donner une nouvelle vie et d’en faire profiter les résidents et patients.
Cette boutique solidaire connait deux collections, une automne/hiver et une printemps/été. Elle est ouverte par le service animation de l’hôpital et les vêtements sont donnés gratuitement à ceux qui le désir.

Pendant la semaine de la SERD, ils ont choisi d’organiser un défilé de mode par et pour leurs résidents et patients. Les tops model du jour étaient accompagnés par les élèves de la Maison Familiale et Rurale de Beynac, spécialisés dans l’animation en gérontologie. Cette classe de réinsertion professionnelle a pu ainsi profiter de cette journée pour visiter les locaux de l’hôpital et rencontrer les professionnels.
Pour préparer leur défilé de mode, chaque top model a été accompagné par un élève, notamment pour le choix du vêtement pour le défilé.

Ainsi après le choix des vêtements fait parmi ceux de la boutique solidaire, chacun a pu bénéficier d’une coiffure, de maquillage et d’une manucure, cette mise en beauté était réalisé par une socio-esthéticienne. Pour accompagner lors du défilé, les élèves ont été habillés par les résidents qui ont choisi leurs vêtements. Le défilé a eu lieu dans la salle d’animation devant les professionnels, les résidents et patients et les familles.

Ce fut l’occasion d’évoquer l’importance de l’industrie du textile dans la production de déchets et de gaz à effet de serre.

Autour d’une activité ludique et festive ils ont pu échanger avec les résidents, les patients, les familles, les élèves, et les professionnels afin de questionner les pratiques de consommation de textile.

Ils ont pu écouter les résidents et patients s’exprimer sur leur manière de consommer le textile qui diffère grandement des consommations actuelles. Ces échanges formels et informels tout au long de cette journée ont permis à chacun de questionner ses propres pratiques de consommation.

Par la mixité du groupe, cette action a permis de rassembler un public divers, intergénérationnel et de différents territoires. Il a permis autour d’une journée sous le signe du bien-être et des festivités d’aborder un sujet d’intérêt public. Le défilé de mode durable est innovant pour les jeunes générations et ludiques pour tous. Il a permis de créer du lien entre plusieurs générations qui n’ont pas les mêmes pratiques de consommation des vêtements et textiles. Il apparait toujours comme très utile de confronter les avis et d’ouvrir le débat entre des groupes des distincts pour identifier les points de blocages et les axes d’amélioration. Les personnes âgées du centre ont pu donner des conseils aux jeunes générations en leur rappelant l’importance de réparer et de conserver plus longtemps leurs textiles.

Association

Application Pacifiscan

Projet porté par Pacifiscan

À l’occasion de la SERD 2022, l’association a publié l’application Pacifiscan. C’est une application qui sensibilise les calédoniens à jeter leurs déchets au bon endroit.

Pacifiscan a été créé en août 2022 par un groupe de 6 personnes (3 étudiants et 3 professeurs).

Visuel de l'application Pacifiscan, découvrez où jeter vos déchets

En Nouvelle-Calédonie, le tri à la porte n’est pas généralisé. La plus part du temps, il est nécessaire de se rendre en déchèterie ou à un point d’apport volontaire. Or la gestion des déchets est complexe sur l’île. Les déchets acceptés différent selon la commune et il y a un manque d’informations autour de ce problème. Il y a un besoin d’outils auquel répond cette application pour que la population sache où les déchets peuvent être jetés.

Le principe de l’application est simple : l’utilisateur prend son déchet en photo. Ensuite l’application utilise de l’intelligence artificielle pour identifier le déchet. Enfin, elle lui affiche les endroits les plus proches pour déposer son déchet.

De plus, ils proposent au sein de l’application du contenu éducatif appelés « stories ». Ce sont de petits diaporamas à lire en moins de deux minutes. Ils parlent d’environnement et cherchent à éduquer les utilisateurs de Pacifiscan.

Afin de faciliter l’usage de l’application, ils utilisent principalement deux technologies :

  • La géolocalisation : l’utilisateur obtient seulement des informations qui le concernent et n’est pas perdu parmi les multiples spécificités de la collecte de déchets.
  • L’intelligence artificielle : ils utilisent un algorithme entraîné à partir d’images trouvées sur internet. Il nous permet de reconnaître quel est le déchet que l’utilisateur souhaite jeter.

L’action est créée par l’association Pacifiscan. C’est un groupe de trois jeunes étudiants (19 ans) aidés par trois professeurs du lycée Apollinaire Anova.

Ils ont commencé leur projet lorsque qu’ils étaient encore au lycée. Malgré leur départ en métropole pour leurs études, ils ont continué le projet et se sont structurés en association.

Pacifiscan sur les réseaux sociaux

Entreprise

Les boites vertes et solidair’ess

Projet porté par la MGEN (Mutuelle générale de l’éducation nationale) en partenariat avec la CASDEN, la DGEE (ministère de l’Éducation Polynésien) et Fondation FACE Polynésie, les banques : banque de Polynésie et SOCREDO

Des boîtes vertes et solidaires pour aider ceux en précarité numérique. Plutôt que de laisser dormir au fond du placard ses vieux téléphones et tablettes numériques hors d’usage, autant les déposer dans les boites solidaires de la fondation Agir contre l’Exclusion (FACE) et la MGEN.

C’est le projet qu’a choisi de présenter la MGEN à l’occasion du Mois de l’Économie Sociale et Solidaire et de la SERD. Le mois de l’ESS est un temps fort annuel au mois de novembre qui donne l’opportunité de découvrir et de comprendre ce que cette forme d’économie peut apporter à notre société en pleine transition.

Une quarantaine de boîtes ont été installées sur Tahiti et Moorea dans les établissements scolaires, les agences bancaires, à l’espace mutuel MGEN de Polynésie et dans le centre optique Écouter Voir de Polynésie pour recueillir des appareils non utilisés et très polluants.

Une fois récupérés, ces appareils sont réparés et reconditionnés dans les ateliers de la fondation FACE Polynésie, qui forme chaque année une dizaine de techniciens en cours de réinsertion. Une fois réparés ils sont ensuite vendus en priorité à des personnes à faibles revenus : « La fracture numérique, c’est un élément qui est compliqué, qui empêche les gens d’aller postuler à des emplois, de faire des démarches administratives. Donc l’idée, c’est de donner accès à ce matériel aux gens les plus démunis » explique Stéphane Simon, chargé de projet MGEN. Le projet s’est déroulé en deux phases. La collecte du 21 novembre au 9 décembre 2022 et une phase de redistribution du matériel prévue la 3e semaine de mars 2023.

« Nous avons décidé de pousser cette action pour mettre en lumière les enjeux de la fracture numérique sur un territoire comme la Polynésie frappé par ailleurs, par de nombreuses autres problématique sociales. »

La Polynésie est un immense territoire maritime perdu au milieu du Pacifique.

Elle produit très peu de bien de consommation, n’a pas de ressource propre et donc importe quasiment l’intégralité de sa consommation.

Elle produit 50 000 tonnes de déchets produits chaque année soit 197 kg de déchets non recyclables produits par an et par habitant et 57 kg de déchets recyclables. 78 % des déchets sont enfouis. C’est 5 fois plus qu’au niveau national.

Le reste, faute de filière de recyclage, par manque de volume, part à l’export : les bouteilles en plastique en Malaisie, les canettes en aluminium et les batteries en Corée du Sud. Le papier en Thaïlande. L’export de déchets coûte entre 200 et 300 millions cfp par an.

Cette action a comme double objectif de sensibiliser la population à fort pouvoir d’achat à la surconsommation de produits polluants ainsi qu’à la réalité et aux conséquences de la fracture numérique en Polynésie.

Liens utiles

Pour aller plus loin, retrouvez la MGEN et la fondation FACE Polynésie sur les réseaux sociaux et ne manquez pas les actualités de la MGEN, de la CASDEN Outre-Mer et de la DGEE :

Établissement scolaire

Collecte de textile

Projet porté par le Collège Louis Jouvet

Dans le cadre de la semaine européenne de la réduction des déchets, Anne Gorse, professeure au collège Louis-Jouvet, a organisé avec les élèves une campagne de sensibilisation à l’utilisation et au recyclage des textiles, qui s’est déroulée en trois étapes.

Cet établissement scolaire a imaginé une collecte de textile au profit de l’association Rempart de la ville de Bellac en partenariat avec la friperie Ricochets. Cette association conduit des et entreprend des actions concrètes d’insertion et de réinsertion par le travail et de formation au profit des demandeurs d’emploi sur le basin local.

En amont, pour rendre compte de leur consommation en matière de textile, un sondage a été proposé à tous les acteurs de l’établissement (élèves, responsables légaux, professeurs, personnels). Le sondage était composé de 19 questions abordant des thèmes tels que la quantité de vêtements, les conditions de travail des ouvriers dans l’industrie textile ou encore la pollution qu’engendre la fabrication du textile. Les résultats de l’enquête ont été diffusés via Pronote (l’outil de vie scolaire français) à tous. 130 élèves et 147 adultes y ont participé.

Parmi les résultats enregistrés, ils ont noté que :

  • 64 % des sondés possèdent plus de 10 tee-shirts, blouses, polos… dans leurs armoires
  • seulement 53 % des personnes interrogées portent tous les vêtements qu’ils possèdent
  • près d’1/4 des sondés révèlent être influencés par les pubs et réseaux sociaux lors de l’achat d’un vêtement
  • 42 % des personnes interrogées prêtent régulièrement ou toujours attention aux pays de fabrication des vêtements
  • seulement 3 % des personnes interrogées jettent leurs vêtements lorsqu’ils n’en veulent plus
  • 70 % des personnes interrogées donnent leurs vêtements lorsqu’elles souhaitent s’en débarrasser

Suite à la diffusion des sondage et en amont de la collecte, les outils ADEME ont été affichés dans le collège pour prolonger la réflexion :

Ces supports ont été fournis grâce à la labellisation SERD.

Ces supports ont permis d’aborder le sujet des matière premières, de la fabrication et de l’industrie textile dans le monde.

Enfin, la dernière étape, la collecte pendant une semaine (du 19 au 27 novembre) de vêtement usés et en bon état au profit de l’association. Les bénévoles sont venus installer un bac de collecte à l’entrée du collège afin que tout le monde puisse y déposer un ou plusieurs textiles.

Coup de cœur du Jury

Spectacle de danses et de musiques Yemanja

Projet porté par Raymonde PATER TORIN, l’association PATORAY, en collaboration avec la ville de Morne à l’Eau et l’Académie de Guadeloupe

Le spectacle de danses et de musiques Yemanja Manmandlo a été conçu en 2017 dans le cadre d’une action pédagogique artistique menée par Raymonde PATER TORIN, l’association PATORAY, en collaboration avec la ville de Morne à l’Eau et l’Académie de Guadeloupe.

Morne à l’Eau, est un espace géographique où l’eau se trouve sous toutes ses formes (mer-eau de source, eau de mangrove, eau de pluie), et se retrouve depuis quelques années, défiguré par les déchets. Malgré pourtant les interdits et les arrêtés municipaux, les habitants ne comprennent pas et sont dépassés par cette pollution.

Le projet est apparu avec la volonté de mettre en scène des enfants de toute la commune, soit 150 jeunes, accompagnés de danseurs et musiciens professionnels, pour les sensibiliser sur ce problème lié aux déchets et à la dégradation des points d’eau. Pendant près de 8 mois, des enseignants et des classes volontaires ont mis en place un projet pédagogique liant l’art, la littérature et l’artisanat autour de plusieurs enjeux, la protection de l’environnement, le tri sélectif, la découverte du monde marin et les conséquences de la prolifération des déchets sur une île comme la Guadeloupe entourée d’eau.

De septembre à décembre 2022, la chorégraphe R Pater Torin et son équipe ont monté un spectacle qui réunissait enfants et adultes. Pendant 15 semaines, les jeunes ont créé, dansé, chanté à partir d’une légende afro caribéenne, Yémanja, mère de toutes les eaux, qui semblait habiter dans la mangrove de Morne à l’Eau.

Au cours de ce spectacle, le public a découvert qu’il y a très longtemps, à Karukera, (nom Caribéen de la Guadeloupe = île aux belles eaux) Yémanja vivait en toute harmonie avec les humains, jusqu’au jour où les plastiques sont apparus dans la nature, déversés par des humains sans-gêne… alors elle décida de se retirer de la Terre (ce qui pourrait expliquer le manque d’eau que l’on observe actuellement). La seule chance de l’humain, c’est qu’un enfant arrive à la convaincre qu’avec ses amis ils veilleront à la préservation de cette richesse en devenant des ambassadeurs de l’eau.

Pour légitimer leur fonction, ces enfants ont reçu à la fin des représentations, un diplôme provenant du Sénat par l’intermédiaire de la sénatrice Victoire Jasmin qui leur remit le titre d’ambassadeur de l’Eau.

Le spectacle, conçu sous la forme d’un conte, veut sensibiliser la population et plus particulièrement les plus jeunes à l’importance de l’eau et de l’environnement. Une narration poétique très forte qui adresse de nombreux messages aux spectateurs dont l’importance de laisser un monde meilleur aux générations futures.

Ce projet artistique a été pour nous un véritable coup de cœur. À travers l’art du récit, c’est toute une culture traditionnelle qui s’exprime et ce grâce à des chorégraphes et danseurs talentueux.

À travers la danse et des légendes ancestrales, cette compagnie a réussi à engager à ses côtés des enseignants et des jeunes en leur donnant envie de créer et de se produire sur scène pour témoigner des problèmes qui les touchent localement.

Nous avons vu passer beaucoup d’actions pendant la SERD, toutes plus créatives les unes que les autres. Cependant, celle-ci semble attirer l’attention par la qualité de sa réalisation et la force des messages qui sont transmis à la population locale. La sensibilisation à l’environnement n’est pas une tâche facile sur les territoires insulaires. Beaucoup d’autres problématiques touchent les habitants, comme le coût de la vie et l’accès aux services de première nécessité. C’est pourquoi utiliser le récit et engager la jeune génération dans ce spectacle de grande ampleur pour sensibiliser et faire changer les a priori et les comportements semble être une solution qui fonctionne. Il est aujourd’hui essentiel de promouvoir un monde de demain qui soit souhaitable et positif.

C’est le rôle des nouveaux récits, accompagner et impulser les changements de comportements à travers de nouveaux récits et de nouvelles représentations pour réussir les transitions.

Vidéo teaser de Yemanja 2021 (durée : 7 minutes 26 secondes)

Liens utiles

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