SOMMAIRE
Qu’est-ce qu’une action de sensibilisation à succès ?
Une action réussie, c’est d’abord une action bien pensée et anticipée. C’est un projet où vous avez identifié votre cible, choisi le bon lieu, structuré un plan d’action clair et défini vos objectifs précis.
Son impact est mesurable. Elle s’appuie sur des partenariats qui amplifient sa portée, utilise plusieurs canaux de communication pour atteindre largement, et crée des expériences immersives où les participants vivent vraiment la sensibilisation plutôt que de la recevoir passivement.
Une action de sensibilisation à succès, c’est enfin une démarche qui associe l’enjeu écologique à d’autres dimensions (sociales, culturelles, artistiques) pour attirer aussi les publics les moins sensibilisés et ancrer les bons gestes durablement dans les comportements.

Une action SERD, c’est aussi et surtout une action qui va au-delà de la Semaine européenne de la réduction des déchets : elle crée un lien durable et s’inscrit dans une démarche pérenne.
6 étapes pour monter une action SERD

Définissez le thème de votre action
Le choix du thème, c’est le point de départ. Votre action peut porter sur l’un des 6 grands axes de la réduction des déchets portés par la SERD :
- prévention des déchets (éco-conception, suremballage, produits jetables…) ;
- prévention des déchets dangereux ;
- prévention du gaspillage alimentaire ;
- promotion du compostage ;
- réemploi, réparation, réutilisation ;
- journée de nettoyage.

Ciblez votre public avec précision
Il est essentiel de bien identifier votre audience pour sensibiliser efficacement. C’est en connaissant votre public que vous pourrez adapter vos messages et vos activités au bon moment, au bon endroit, avec le bon ton.
Votre cible peut-être :
- des particuliers, pour les encourager à adopter des pratiques de consommation plus responsables et à réduire leurs déchets au quotidien ;
- des entreprises et industriels, pour mettre en avant des stratégies de production plus durables et des pratiques de gestion des déchets responsables ;
- des collectivités, pour promouvoir des politiques et programmes de gestion des déchets plus efficaces et respectueux de l’environnement ;
- des établissements scolaires, pour sensibiliser dès le plus jeune âge à l’importance de la réduction des déchets et aux comportements écoresponsables.

Sélectionnez le lieu et le format de votre animation
L’impact de votre action dépend directement du lieu où vous la réaliserez. L’enjeu : trouver un endroit où votre public passe du temps, où il sera disponible et réceptif.
Quelques lieux pertinents :
- Espaces publics : rue, jardin, place, gare, marché…
- Commerces : magasin de proximité, supermarché, bar, café, restaurant…
- Établissements scolaires : école, collège, lycée, cité universitaire, campus
- Lieux culturels : théâtre, cinéma, bibliothèque, médiathèque…
- Centres spécialisés : centre de tri, recyclerie, déchèterie…
- Entreprises
- En ligne : site Internet
L’essentiel : adapter l’animation à votre cible pour mieux faire passer vos messages.

Planifiez votre calendrier d’action
Un planning clair, c’est du temps pour bien préparer votre action. Choisissez le format et la durée qui correspondent à vos objectifs, à la complexité de votre projet et au public ciblé.
Trois options :
- une demi-journée : pour les actions de sensibilisation brèves (ateliers, présentations…) ;
- une journée entière : pour les activités plus approfondies (présentations détaillées, discussions en groupe, ateliers pratiques, visite de lieu…) ;
- plusieurs journées : pour organiser une action plus complète ou pour relancer un projet déjà présenté lors d’une précédente édition de la SERD.

Structurez votre plan d’action
Votre plan d’action, c’est la colonne vertébrale de votre projet. Il vous permet de structurer et de maximiser l’impact de votre démarche de sensibilisation.
Pour cela, vous devez :
- Définir vos objectifs précis : nombre de participants visé, niveau de sensibilisation avant et après votre action SERD…
- Identifier les ressources nécessaires : moyens techniques, humains et financiers à mobiliser (outils de communication, partenariats techniques et logistiques…).
- Élaborer un rétro-planning détaillé pour ne rien laisser au hasard.

Mesurez et ajustez l’impact de votre action
L’évaluation, c’est ce qui transforme une action ponctuelle en apprentissage durable.
Cette dernière étape vous permet de :
- Identifier les facteurs de réussite : participation active des participants, qualité des échanges, engagement du public…
- Définir des indicateurs pertinents pour évaluer votre action : système pour compter le nombre de participants, questionnaires avant/après, suivi de la visibilité dans la presse, mesure des interactions sur vos réseaux sociaux…
- Mettre en place le suivi de ces indicateurs pour collecter les données : questionnaire en ligne, registre des participants…
Conseil clé : évaluez vos indicateurs tout au long de votre événement, pas juste à la fin. Cela vous permet d’ajuster votre stratégie en temps réel si nécessaire.
6 facteurs de succès
Après des années d’actions SERD, les porteurs de projets ont identifié ensemble 6 facteurs clés qui font la différence. Les connaître, c’est se donner les meilleures chances de réussite.
L’anticipation : préparer, c’est réussir

Se donner le temps de concevoir un programme complet, une stratégie de communication solide et des kits clés en main pour son réseau.
Témoignage de Charlotte, Métropole Européenne de Lille
Charlotte, tu as imaginé pour la SERD un défi anti-gaspi inter-écoles. Peux-tu nous en dire quelques mots ?
La Métropole de Lille a défié les restaurants scolaires de son territoire de réduire de 30 % leur gaspillage alimentaire, en réponse au résultat d’un diagnostic territorial conduit depuis plusieurs années : 25 à 40 % de nourriture était jetée dans les cantines.
Tout le principe de notre action menée lors de la SERD, c’était de fournir des kits clés en main aux communes de notre territoire : un kit d’actions (diagnostic, pesées, prêt de vélos à smoothie, animations anti-gaspi à proposer par les élèves, les animateurs périscolaires, les enseignants, le personnel de cantine…) et un kit de communication (contenant un descriptif du défi, une affiche sur le défi anti-gaspi inter-écoles, des fascicules de jeux et des « jetons petite ou grand faim »).
L’objectif était de les encourager à collaborer avec les acteurs de la restauration collective pour sensibiliser et réduire le gaspillage alimentaire en restauration scolaire.
Comment as-tu organisé ce défi ?
On a travaillé avec 2 collègues plusieurs mois avant la SERD, pour avoir le temps de tout préparer sans se mettre de pression !
On a imaginé cette démarche en 5 étapes :
- annonce du défi et inscription des communes volontaires, de mai à juillet
- identification de la classe pilote au sein de chaque école participante pour mener le défi, en septembre ;
- formation des classes pilotes et soutien au choix des actions à mettre en place, au travers de la remise de supports ludiques de sensibilisation, en octobre ;
- mise en place des actions anti-gaspi choisies par chaque école et des pesées de bilan en novembre, lors de la semaine européenne de réduction des déchets ;
- évaluation de l’impact et identification des perspectives, cérémonie de remerciements, annonce des résultats et promotion des bonnes pratiques, à partir de janvier.
Tu referais cette action ?
5 écoles parmi les 12 participantes ont réussi à dépasser les 30 % de réduction du gaspillage fixés par le défi : cela nous encourage à poursuivre la démarche.
De surcroît, tous les participants ont fortement apprécié la dynamique du défi et souhaiteraient une 2e édition !
La force du partenariat : le réseau, c’est la force
Nouer des partenariats pour préparer son action SERD, c’est augmenter considérablement sa portée : viser une cible plus large grâce à l’ouverture au réseau de chaque partenaire local, bénéficier de moyens matériels, humains et médias décuplés, obtenir davantage de retombées territoriales et créer un projet qui dépasse les frontières de votre organisation.

Témoignage de Jean-Marc, Fondation de Nice
Jean-Marc, le jardin Lou Pantaï, c’est quoi ?
C’est un tiers-lieu qui regroupe une épicerie solidaire, une épicerie itinérante et un jardin potager sur une très grande surface. En fait, c’est une exploitation maraîchère pour les personnes en précarité alimentaire que notre Fondation accompagne pour les aider à se réinsérer.
Et la Fondation sensibilise aussi le grand public, notamment pendant la SERD ?
Oui, on anime aussi des activités pédagogiques dans nos jardins partagés, pour sensibiliser le public à l’environnement et à l’alimentation durable, pendant la SERD et tout au long de l’année. Non seulement, on parle d’écologie, mais aussi de solidarité et de partage : on aborde par exemple le glanage solidaire, la conservation des aliments qui permet de faire des économies, le compostage…
Tu nous expliquais que la réussite de ces actions, c’est que vous n’êtes pas seuls ?
Oui, toutes ces actions ont vu le jour grâce à la collaboration de la Fondation de Nice avec plein de partenaires : des acteurs publics, des associations et des entreprises. C’est ça qui nous a permis de disposer du terrain, et de tous les moyens pour déployer cette sensibilisation.
Comment avez-vous réussi à solliciter ces partenaires ?
La Fondation de Nice est un acteur historique sur les Alpes-Maritimes : c’est ce qui lui a permis de développer un important réseau de partenaires à travers le temps. La Fondation sait faire preuve de réactivité. Elle s’attache à rechercher des réponses aux enjeux actuels, au travers d’une politique d’innovation sociale. Enfin, sa fiabilité en fait un acteur incontournable de notre territoire, pour les partenaires institutionnels ou des mécènes. Pour aménager le site de Lou Pantaï, une campagne de levée de fonds a été menée pour communiquer sur le projet du jardin.
Comment avez-vous réussi à les faire adhérer au projet ?
Le jardin Lou Pantaï porte un projet fort de lutte contre la précarité alimentaire et plus largement sur la santé et le bien-être des personnes que nous accompagnons. Le site en lui-même offre de nombreuses perspectives de développement autour de ces thématiques : éducation à l’environnement pour les plus jeunes, expérimentation d’une alimentation durable dans son quotidien, insertion professionnelle via le maraîchage ou la cuisine…
Ainsi, nos partenaires peuvent nous accompagner sur différents axes de développement, visant à chaque fois un mieux-être pour des personnes en situation d’exclusion.
À notre époque où les personnes ont tendance à s’isoler, le fait de renouer du lien social et de partager des activités physiques en extérieur est également l’un des atouts de notre projet.
La communication multicanale : parler à tous, partout

Associer un autre enjeu à celui de l’écologie dans son action SERD, c’est intéresser les publics peu sensibilisés à la question des déchets. Valoriser son action sous l’angle d’un événement culturel ou artistique, d’une action sociale ou d’une action de prévention sanitaire favorise l’appropriation de messages écologiques, diffusés subtilement, dans un contexte convivial et attractif.
Témoignage de Sophie, Communauté de Communes Calvi-Balagne
Sophie, chaque année, l’équipe SERD est ravie de découvrir les animations de Calvi-Balagne, toujours pleines de créativité !
On essaie en effet de se renouveler chaque année ! On voit la SERD comme une occasion d’aborder les enjeux écologiques de façon ludique. Ça permet de déculpabiliser les gens, et de les détendre sur la question, ce qui est plus attractif, je pense.
L’une de tes actions de la dernière édition, c’est une action très simple de sensibilisation à l’anti-gaspillage. Où se situe son originalité ?
On a fait le choix de démultiplier les vecteurs de communication pour faire passer les messages à toutes nos cibles non seulement via des médias et réseaux sociaux, mais aussi en allant à leur rencontre dans leur environnement quotidien, ce qui permet d’adapter le discours en fonction de leurs habitudes de vie.
Tu peux nous en dire plus ?
On a identifié les principaux lieux de vie de nos communes, et on a organisé des animations sur des gestes très concrets et accessibles, sur place : dans les supermarchés, dans les écoles, dans les centres sportifs… En parallèle, on a valorisé ces messages clés de sensibilisation dans des quiz, des tutos, et des posts réguliers sur Instagram et via la radio locale. Cela nous a permis de créer une vraie communauté à l’échelle de notre territoire !
Sophie, cet engagement pérenne porte-t-il ses fruits au niveau du territoire pour la transition écologique ?
L’engagement pérenne porte ses fruits du moment que des actions concrètes sont menées, telles que la collecte des déchets en porte-à-porte, la sensibilisation des habitants à la prévention des déchets, la mise en place de composteurs collectifs, ou encore l’élaboration de programmes comme « Ma famille zéro déchet » ou les « établissements écoresponsables ». Ces actions ont permis une réduction significative des déchets, et une augmentation du recyclage grâce à une participation accrue des citoyens. Les efforts s’inscrivent dans une démarche durable, avec des projets à long terme qui impliquent la communauté des acteurs et contribuent à la transition écologique du territoire.
La preuve par l’exemple : faire vivre, pas faire croire
Proposer une immersion aux participants de son action SERD, c’est accroître la force du message : faire vivre une vraie expérience à ses visiteurs en toute convivialité, les inciter à mettre la main à la pâte dans un atelier concret, recourir aux escape games, favoriser les interactions et débats, permettre l’apprentissage ludique avec un spectacle pour enfant, proposer la découverte créative avec un défilé de mode up-cycling. Et surtout : incarner l’éco-exemplarité dans le montage de votre propre action.

Témoignage de Jodie, Havre Seine Métropole
Jodie, tu organises depuis plusieurs années au cours de la SERD le « Salon réinventif ». En quoi consiste cet événement ?
Le Salon réinventif, c’est le rendez-vous du réemploi et du recyclage. Plus de 70 exposants partagent leur savoir-faire, des stands et des ateliers concrets pour transmettre de bonnes pratiques. Des conférences, spectacles et défilés forts sont aussi proposés par des intervenants experts du zéro déchet.
Ce qui fait la cohérence de cet événement, c’est qu’il est éco-conçu. Raconte-nous !
Oui, on tient à ce que l’événement soit éco-conçu pour incarner les messages de sensibilisation que l’on diffuse !
Pour la configuration des stands, pas de superflu, ni de matériaux non recyclables (PVC, moquette, toile à gratter…). On utilise plutôt des matériaux réutilisables, comme les décors en palettes, en bois et en carton.
On met à disposition des poubelles tri-flux pour une bonne gestion des déchets recyclables et des biodéchets. L’ensemble des matériaux est récupéré pour les éditions suivantes et ce qu’il reste est réemployé par des associations du territoire.
La restauration assurée sur place est locale et bio, et servie dans de la vaisselle consignée.
C’est donc une démarche complète !
Un autre mot à ajouter ?
L’événement est très bien identifié par nos cibles, mais aussi par des publics moins sensibilisés depuis quelques années. Les visiteurs sont contents d’apprendre de nouvelles astuces zéro déchet, et pour les exposants, c’est une excellente occasion de se faire connaître, et d’élargir leur réseau de partenaires.
L’association de l’enjeu écologique à d’autres enjeux : parler aux cœurs

Associer un autre enjeu à celui de l’écologie dans son action SERD, c’est intéresser les publics peu sensibilisés à la question des déchets. Valoriser son action sous l’angle d’un événement culturel ou artistique, d’une action sociale ou d’une action de prévention sanitaire favorise l’appropriation de messages écologiques, diffusés subtilement, dans un contexte convivial et attractif.
Témoignage de Léopold, ENVIE Maine
Léopold, peux-tu nous parler de cette action SERD originale organisée par ton association : « OUI à l’art sous toutes ses formes ! Personnalisation d’électroménagers rénovés » ?
On a eu l’idée de faire appel à deux artistes sarthois pour personnaliser des électroménagers reconditionnés dans nos ateliers, où des personnes en insertion leur redonnent vie. Cela encourage les consommateurs à créer un attachement à leurs appareils, pour les inciter à les réparer plutôt qu’à les jeter.
C’est un peu la version « électroménager » de la valorisation des « légumes moches » ?
Oui, c’est ça ! On donne une seconde vie à des biens de consommation souvent considérés comme « moches » en raison de malformations qui n’impactent en rien leur utilisation.
La sensibilisation ne portait donc pas que sur l’enjeu écologique de la réparation ?
Non, c’est la force de ce type d’action, qui mêle à la fois l’art, l’économie circulaire et l’inclusion sociale. Cela permet, dans la communication sur l’événement, d’insister par exemple sur le côté artistique et ludique pour attirer un large public, qui va découvrir sans être venu pour ça des astuces de réduction des déchets.
C’est une vraie solution à la question que les professionnels de l’environnement se posent souvent : comment attirer les publics les moins sensibilisés ?
L’impact sur le long terme : du coup d’éclat à l’engagement durable
Viser un impact sur le long terme de son action SERD, c’est transformer ce temps fort en tremplin d’un engagement pérenne. Initiée pendant la SERD, votre action peut devenir une récurrence tout au long de l’année, voire le premier maillon d’un programme d’actions plus global, pour installer des partenariats durables et démultiplier la diffusion des bonnes pratiques.

Témoignage de Sylvain, Canon (Bretagne)
Sylvain, la filiale bretonne de ton entreprise a transposé une action de son siège japonais, qui consiste à sensibiliser des scolaires à la réduction des déchets. Dis-nous en plus !
Oui, il s’agit d’éco-cours destinés à des élèves de CE2/CM1 sur le thème du recyclage des produits en fin de vie. Nous intervenons dans plusieurs écoles de notre territoire pour transmettre à la génération de demain des exemples concrets de pratiques respectueuses de l’environnement, avec une pédagogie très ludique d’expérimentation par les élèves.
C’est une action que tu organises pendant la SERD depuis plusieurs années ?
Oui, c’est en effet un programme annuel récurrent que nous menons en fin d’année scolaire et pendant la SERD depuis 3 ans et qui va se poursuivre. Tout est pensé en cohérence avec le programme scolaire de sciences physiques, pour créer une sensibilisation à impact, sur le long terme.
Parle-nous de la récompense donnée aux élèves participants.
Pour marquer leurs esprits, nous remettons aux élèves un certificat « Canon ECOMASTER » au format carte Pokémon pour les féliciter de leur engagement environnemental ! À ce propos, notre entreprise a elle-même reçu un prix de l’ADEME en reconnaissance de sa démarche RSE, qui se traduit aussi par l’adaptation de l’éco-cours à une cible adulte : celle de nos collaborateurs.
En quête d’inspiration pour créer une action SERD ?

Vous avez une idée mais besoin d’un coup de pouce ? Explorez les animations qui ont marqué les éditions précédentes, piochez dans nos idées clés en main, et découvrez comment d’autres ont réussi à mobiliser leur territoire.

