SERD 2026 : Passer de l’ultra conso à la consommation responsable

Chaque année, la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets mobilise des milliers d’acteurs, collectivités, associations, entreprises, établissements scolaires, citoyens, autour d’un enjeu commun : réduire notre production de déchet pour une consommation plus responsable.

Qu’est-ce que la SERD 2026 ?

Du 21 au 29 novembre 2026, la SERD met l’accent sur la consommation responsable. D’après le Commissariat général au développement durable (CGDD), 81 % de l’empreinte carbone des Français provient de la production des biens et services qu’ils consomment. Cela inclut les déplacements, l’habitat, l’alimentation, les équipements et les services. Pour diminuer ces impacts, il est nécessaire d’adopter des modes de consommation plus responsables et plus sobres, tant au niveau individuel que collectif.

Une mobilisation générale est indispensable : à la maison en tant que citoyen, dans les entreprises, au sein des collectivités, ainsi qu’au quotidien lors des achats, des loisirs, des activités professionnelles, etc. En résumé, à chaque « moment de nos vies », chacun doit s’engager pour réduire les impacts environnementaux liés à la consommation et adopter de nouveaux comportements.

En 2026, la SERD mettra en lumière un phénomène qui façonne profondément nos modes de vie : l’ultra consommation, et plus particulièrement ses déclinaisons les plus visibles, fast-tech, fast-fashion et fast-déco.

Un thème essentiel, car derrière nos objets du quotidien se cache une réalité bien moins visible : un coût environnemental, social et sanitaire considérable.

Pourquoi lutter contre l’ultra-consommation ?

Nos achats se multiplient, se renouvellent plus vite, et deviennent de plus en plus éphémères.

Les tendances se succèdent à un rythme effréné, encouragées par les réseaux sociaux, les micro collections, les promotions permanentes et la facilité d’achat en ligne.

Cette dynamique touche particulièrement trois secteurs :

La tech

Smartphones, tablettes, objets connectés, consoles… leur durée de vie se raccourcit, tandis que leur fabrication nécessite l’extraction de ressources rares et l’utilisation de procédés très énergivores.

La fashion

Des vêtements produits en masse, à bas prix, renouvelés chaque semaine.
Un modèle qui génère pollution, exploitation humaine et montagnes de déchets textiles.

La déco

Objets décoratifs, petits meubles, accessoires saisonniers… un univers où l’achat impulsif et le renouvellement constant sont devenus la norme.

La face cachée de nos équipements : des chiffres qui interpellent

Les données issues de l’ADEME sont sans appel : nos équipements représentent une part majeure de notre empreinte carbone, parfois aussi importante que les transports ou l’alimentation.

Quelques ordres de grandeur pour comprendre l’ampleur du phénomène :

80 %

des textiles issus de l’ultra-fashion sont fabriqués à partir de dérivés du pétrole (source : Vert 2025).

60 %

de l’impact environnemental du numérique provient de la fabrication de nos appareils (source : ADEME-ARCEP).

  • 2,5 tonnes, c’est le poids moyen des meubles et équipements présents dans un foyer français, l’équivalent d’un hippopotame (source : Étude « La face cachée des objets »).
  • 45 tonnes de matières premières : la quantité mobilisée pour fabriquer ces 2,5 tonnes d’objets, soit 18 hippopotames (source : Étude « La face cachée des objets »).
  • 6 tonnes de CO₂ : ce sont les émissions générées par la fabrication de ces équipements, soit l’équivalent de 6 allers retours Paris–New York (source : Étude « La face cachée des objets »).
  • Des tonnes de roches sont extraites pour quelques grammes de minerais nécessaires à la fabrication d’une puce électronique.
  • Plus de 7 000 litres d’eau prélevés et pollués pour 1 jean de petit prix à 20 euros (sources : Ademe – Ecobalyse – ImpactCO2 et Analyse des pratiques liées aux achats de produits d’habillement – Ademe&ObSoCo).

Ces chiffres montrent que le poids réel de nos objets et de nos vêtements ne se trouve pas seulement dans nos maisons, mais surtout dans les ressources qu’ils ont mobilisées avant même d’arriver chez nous.

Des impacts liés à l’ultra-consommation : environnement, santé, société

L’ultra conso ne se limite pas à un problème de déchets. Elle entraîne :

  • Des impacts environnementaux massifs :
    • épuisement des ressources,
    • destruction d’écosystèmes,
    • émissions de gaz à effet de serre,
    • pollution de l’air, de l’eau et des sols.
  • Des impacts sociaux :
    • conditions de travail dégradées dans les chaînes de production,
    • salaires très bas,
    • exposition à des substances toxiques,
    • délocalisation et précarisation.
  • Des impacts sur la santé humaine :
    • exposition aux perturbateurs endocriniens,
    • pollution intérieure liée aux matériaux,
    • effets indirects liés à la pollution globale.

Comment adopter un mode de consommation plus responsable ?

Face à ces constats, la SERD 2026 du 21 au 29 novembre invite les collectivités, les entreprises, les associations, les établissements scolaires et les citoyens à se mobiliser autour d’un objectif : réduire les déchets en repensant la quantité de biens que nous consommons, se questionner sur ce dont nous avons réellement besoin, et la manière dont nous organisons nos systèmes de production et de consommation.

Réduire notre dépendance à l’ultra conso c’est promouvoir des modes de vie plus sobres, plus durables et plus justes.

La consommation responsable n’est pas synonyme de privation

Elle signifie :

  • acheter moins mais mieux,
  • allonger la durée de vie des objets,
  • réparer plutôt que remplacer,
  • privilégier le réemploi, la seconde main, la location,
  • choisir des produits de qualité, durables, réparables et recyclables
  • se poser les bonnes questions avant d’acheter.

Limiter la fast-déco

L’association ZeroWaste France appelle à encadrer les pratiques de fast-déco et à développer le réemploi pour réduire la consommation et les déchets.

Mieux choisir ses vêtements

La fabrication des vêtements consomme beaucoup d’eau, d’énergie et de produits chimiques polluants. Découvrez comment préserver ces ressources en choisissant mieux vos vêtements.

Réduire l’impact du numérique

La page des bonnes pratiques du site Altimpact recense une série de conseils pour réduire l’impact environnemental du numérique.

Des ressources pour aller plus loin

FAQ

Qu’est-ce que la SERD 2026 ?

Du 21 au 29 novembre 2026, la SERD met l’accent sur la consommation responsable, une approche pour réduire les déchets en repensant la quantité de biens que nous consommons, ce dont nous avons réellement besoin, et la manière dont nous organisons nos systèmes de production et de consommation.

En 2026, la SERD mettra en lumière un phénomène qui façonne profondément nos modes de vie : l’ultra consommation, et plus particulièrement ses déclinaisons les plus visibles, fast-tech, fast-fashion et fast-déco.

Comment participer à la SERD dans ma région ?

Collectivités, associations, entreprises, établissements scolaires, citoyens, vous souhaitez mettre en avant votre projet de prévention et de réduction des déchets alors inscrivez-vous dès le mois de septembre 2026 pour participer à la prochaine édition de la SERD. Pour participer, découvrez les 6 étapes clés mon monter une action SERD !

Qu’est-ce qu’une consommation plus responsable et plus sobre ?

La consommation dite plus sobre et plus responsable par les acteurs du territoire (citoyens, collectivité, entreprises, etc.) est une consommation de produits (biens et services), dont les conséquences sur l’environnement sont réduites.

Elle implique une analyse approfondie des besoins :

  • ses besoins avant l’achat,
  • l’acquisition de produits respectueux de l’environnement,
  • une utilisation sobre de produits,
  • une gestion de fin de vie des biens, respectueuse de l’environnement.

Faire le choix d’une consommation plus responsable, c’est faire des choix qui intègrent les conséquences de son achat, ou non achat, sur l’environnement, la santé et la société. En prenant en compte la partie « cachée », au-delà de l’achat du produit (la fabrication, l’utilisation, le déchet), chacun peut, à son échelle et à la mesure de ses moyens, consommer mieux en adaptant ou en modifiant ses habitudes. Consommer plus responsable contribue ainsi à faire évoluer les modes de production et de consommation pour optimiser les bénéfices individuels et collectifs.

Comment réduire l’impact de la fast-fashion ?

Tout d’abord, avant de céder à la tentation, et ce quelle que soit l’origine du produit, je me pose les bonnes questions : en-ai-je vraiment besoin ? est-ce que je ne possède pas déjà un article similaire chez moi ? cette pièce abîmée que je souhaite remplacer ne pourrait-elle pas être facilement réparée et à moindre coût ? Et pour un besoin occasionnel, pourquoi ne pas envisager l’emprunt ou la location ?

Si mon besoin est avéré, je me détourne à tout prix de l’ultra fast-fashion. Je privilégie l’achat de vêtements à moindre impact environnemental et parmi eux ceux de seconde main qui non seulement sont bon marché mais contribuent également à la préservation des ressources ou les produits neufs porteurs de labels environnementaux qui me garantissent notamment que leur durée de vie sera plus longue.

Quels sont les impacts de nos équipements, de leur fabrication à leur fin de vie ?

Tous les produits ont des impacts environnementaux mais certains sont moins importants que d’autres. Pour pouvoir mesurer ces impacts, il ne faut pas seulement se concentrer sur l’utilisation des produits ou sur leur fin de vie, mais sur toutes les étapes de leur cycle de vie. La fabrication est une étape qui génère beaucoup d’impacts pour un certain nombre de produits comme les vêtements, les téléphones portables et de nombreux appareils numériques et électroménagers présents dans les foyers français.

C’est pourquoi, il est important de bien les entretenir, de suivre les consignes d’usage, de les faire réparer quand cela est possible afin d’allonger leur durée de vie et ainsi réduire leur impact sur l’environnement.

De plus, pour réduire les consommations de matières, il est important de ne pas suréquiper nos logements, de ne pas faire déborder nos placards et nos armoires d’objets que nous n’utilisons pas, d’éviter de changer des équipements qui fonctionnent encore.